In da Block : 5 minutes chrono avec KO

KO est un jeune artiste talentueux dont la fresque immense orne actuellement le 200 Quai de Valmy. Pour ceux à qui l’adresse parisienne ne dit rien, il s’agit du Point Ephémère. Depuis le 28 octobre, ce « centre de dynamiques artistiques » met à l’honneur le street art en s’associant avec la galerie Ground Effect.

Le vernissage a été une nouvelle occasion pour l’équipe d’Urban Art de rencontrer l’artiste  et de vous partager une interview fraîchement exclusive.

© Ground Effect
© Ground Effect

Présente-toi en quelques phrases.

J’ai grandi à Hong-Kong. On a déménagé là-bas avec mes parents quand j’étais petit. À mon retour en France il y a 4 ans, j’ai monté avec des potes le collectif LTR.

Peux-tu nous en dire plus sur ce crew ?

LTR c’est l’acronyme pour La Table Ronde. À la base nous étions 4 ou 5. Aujourd’hui, en comptant les potos de Hong-Kong et ceux qu’on s’est fait ici, on doit être une petite trentaine. En termes d’actualités l’équipe bosse bien. On a des petites expos, des petits concerts par-ci et par-là…

Le crew évolue donc autant en France qu’en Asie ?

Oui c’est ça. Le collectif existe en parallèle sur les deux territoires. Les gens que nous rencontrons se joignent souvent à l’équipe au fur et à mesure. C’est surtout en France qu’on a réussi à se constituer un beau carnet d’adresses.

Comment se sont passés tes débuts ?

Quand j’étais gamin je gribouillais déjà pas mal. C’est ensuite au collège que j’ai commencé à m’initier à la peinture et au dessin de manière plus sérieuse. Puis à partir du lycée et jusqu’à maintenant on va dire que ce chemin ne fait que se concrétiser davantage.

Le crocodile est souvent présent dans tes dessins. A-t-il une signification particulière ?

Ko-détail crocodile

Le crocodile est avant tout un animal qui me plait, peut-être parce qu’il appartient aux espèces qui vivent le plus longtemps. Je bosse pas mal dessus mais je n’en fais pas mon totem. Je m’intéresse de manière générale à l’ensemble du règne animal. Les animaux me permettent plus de fantaisie en termes d’expression. Je peux m’amuser avec et les personnifier en leur attribuant des caractéristiques ou des comportements humains.

Tes travaux sont de véritables joyaux contemplatifs. D’où provient cet univers imaginaire ?

Il y a un peu de tout. Ça mêle des histoires avec des successions d’éléments simples. Pour moi le principal c’est de kiffer et de me faire plaisir. Le reste se construit doucement.

Est-ce qu’il y a un artiste qui t’influence ou qui t’inspire ?

En ce qui concerne la peinture, je pourrais difficilement me limiter à un seul registre mais j’aime beaucoup ce que fait Jérôme Bosch par exemple. C’est un artiste qui pour son époque, dans les années 1500, était assez perché. Il était dans son monde.

Lors de ma visite à Ground Effect, j’ai vu que tu avais peint sur une batte de baseball ou sur des bouteilles. Tu aimes expérimenter de nouvelles surfaces ?

J’aime dessiner sur tout support. La batte par exemple appartient à Théo*, c’est un souvenir de famille cher à ses yeux. En la customisant, je lui apporte une valeur sentimentale supplémentaire. C’est simplement parti d’un délire avec lui. Autrement je pratique beaucoup sur toile. Les murs de 5m x 6m comme celui du Point Ephémère sont plus rares. Je ne m’arrête pas à un support en particulier, j’aime au contraire saisir les différentes occasions et prendre ce qu’on me donne. Ça me fait plaisir.

*Fondateur de Ground Effect

Est-ce que ton désir d’expérimentation s’étend à la technique également ?

Oui. Je travaille avec beaucoup d’acrylique et de peinture glycéro (ndr peinture à l’huile) ceci-dit j’aimerais explorer la gravure. J’ai essayé ça dernièrement mais je débute tout juste.

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Si l’on doit retenir quelque chose de cet échange privilégié avec Ko, c’est certainement sa passion bouillonnante et son désir insatiable d’exploration. Ce talent en herbe n’est qu’à ses débuts cependant la richesse créative de son univers et sa pâte bien marquée lui promettent un bel avenir. Affaire à suivre. Urban Art garde l’oeil ouvert pour vous !

 

INFOS PRATIQUES

IN DA BLOCK : Ground Effect x Point Ephémère

A partir du vendredi 28 octobre 2016

Point Éphémère

200 Quai de Valmy – 75010 Paris

Tél : 01 40 34 02 48

Accès

Métro Jaurès (lignes 5, 2 et 7 bis) – Louis Blanc (ligne 7)

Bus 26 / 46 / 48

Pour en savoir plus : le site du Point Éphémère / la page FACEBOOK de Ground Effect

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