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Toulouse : ville rose, mais pas que…

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine 2017, la ville rose a proposé un format d’exploration inédit pour les amateurs de street-art. Le thème de cette édition étant «Patrimoine et Jeunesse », la mise en valeur de cette pratique relativement récente semblait s’imposer d’elle même dans la deuxième ville la plus graffée de France après Paris.  Appelées « Graff Tour », les visites invitaient à découvrir l’histoire du graff « made in Toulouse » et à en apprendre plus ses origines, ses codes et ses acteurs.JEP-2017

 

Sur les traces historiques du graff toulousain

Place des Tiercettes – quartier d’Arnaud-Bernard

Je retrouve Sarah, dépêchée par la Mairie de Toulouse, Philippe (alias Spanks), un graffeur toulousain, ainsi qu’une vingtaine de personnes. Le choix pour le lieu du rendez-vous n’est pas anodin. En effet, il semblerait que ce soit dans ce quartier que l’ABS (Arnaud Bernard System), premier « crew » toulousain composé notamment de Fastoche et Mosquito, soit né dans les années 80. C’est à partir de ce moment que la ville devient à la fois le support et l’inspiration des graffeurs.

Pourquoi ce quartier en particulier ? Sarah et Spanks nous expliquent qu’à l’époque il était en friche et que l’atmosphère y était plus ouverte qu’ailleurs grâce aux communautés espagnole et maghrébine qui l’habitaient.

Le premier graff à être apparu en ville est « TOULOUSE ». Réalisé sur les murs de la gare Matabiau par Mosquito, il accueillait directement les arrivants à la sortie du train. Plus tard, il marquera les murs de nombreuses croix occitanes : symbole et emblème de la ville. 

Un pas vers la reconnaissance

Arès cet aperçu historique, nous nous dirigeons vers le Jardin D’Embarthe. Cet endroit a une importance toute particulière dans l’histoire du graff toulousain puisque c’est ici que se trouve le premier mur à avoir été « travaillé » légalement. En 1994, la mairie passe un contrat avec quatre graffeurs toulousains mais c’est véritablement le travail des artistes Soun et Der (issu de la Truskool) qui est le plus visible. On peut voir qu’ils tirent leur inspiration des BD et des dessins-animés à travers les personnages et les symboles : typique des années 90.

 

   Gramat, le « joyeux bordel » toulousain

Nous continuons quelques rues plus loin pour arriver rue Gramat, qualifiée par Spanks de « joyeux bordel ». Sans vis-à-vis, cette rue cachée est idéale pour graffer car elle présente moins de risque de se faire prendre. Néanmoins, au début des années 90, la rue était tellement saturée que les riverains ont demandé à la Mairie d’agir. C’est ainsi qu’un « tri » a été fait dans la rue et les simples tags y ont été effacés pour permettre à des pièces plus importantes de voir le jour pendant les années 2000.

 

 

Cependant, loi du graff oblige, les murs et donc les pièces qui s’y trouvaient se voient recouverts de nouveau.

 

Ouverture internationale

Le bus nous attend tout près d’ici et nous emmène à la gare Raynal. On y découvre une fresque réalisée par des artistes du monde entier sur un mur donné par la SNCF dans le cadre de l’édition 2016 du festival Rose Béton, dédié aux pratiques et cultures urbaines à Toulouse. Avant de mettre à disposition ses murs, il faut savoir que la SNCF jouait déjà un rôle dans la diffusion du graff en faisant circuler des trains taggés de villes en villes.

 

 

De gauche à droite : Remio (Etats-Unis), Opium (Naples), Macs (Rome)

 

Photo issue de la page Facebook officielle d’Aryz

 

 

 

 

 

En s’éloignant du centre, nous découvrons à nouveau deux œuvres faites dans le cadre du Festival Rose Béton 2016.

Tout d’abord une fresque exécutée au pinceau par l’espagnol Aryz. Encore une fois, la ville même demeure source d’inspiration car l’artiste a peint deux jeunes femmes en référence au quartier Des Demoiselles où il se trouve. Le nom de ce quartier aurait deux origines : les libellules du Canal du Midi ou les prostituées qui travaillaient dans les environs. Aryz a fait son choix…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le quartier de Rangueil, le toulousain renommé Reso a fait un wild style jaune (qui a pour caractéristique d’avoir des lettres très imbriquées) où l’on distingue le « O » de son blaze.

 

 

 

 

 

 

Terminus tout le monde descend

Avant d’arriver à Empalot où se termine notre tour, nous apercevons depuis le bus une fresque de Mondé et Maye au niveau du Métro Saint-Anne. Mondé s’est inspiré de la calligraphie arabe pour proposer un fond doré au personnage onirique de Maye.

© Facebook de Mondé

 

Enfin, nous sortons du bus pour la dernière fois afin d’approcher l’anamorphose monumentale du street-artiste allemand ECB.  Réalisée sur une barre HLM vouée à la destruction, l’œuvre représente des personnes vivant au Maroc, peintes d’après les photos prises par l’artiste durant une résidence faite dans ce pays. ECB se distingue par sa démarche engagée et une technique d’exécution impressionnante. Ici, son objectif est d’offrir l’opportunité à ces personnes qui n’ont jamais voyagé de le faire à travers son travail. Il lui a fallu cinq jours pour reproduire sa photo au rouleau et au pinceau sans quadrillage ni projection.

 

 

 

Sortez vos baskets, Toulouse n’attend plus que vous  !