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ART’CADE x Zdey The Game : quand l’univers du jeu vidéo investit le street-art

(Sur la photo, de gauche à droite : Antonin, Kévin et Zdey)

Au-delà du cadre ludique, les jeux vidéos ont fait preuve, au fil des années, d’une certaine richesse artistique : ils ont su s’adapter à leur époque et se nourrir de courants musicaux, architecturaux, littéraires ou encore cinématographiques.

C’est le cas d’Art’cade, qui fabrique des bornes d’arcade en collaboration avec des artistes de la scène française du street-art. A cette occasion, nous avons rencontré l’un de ses fondateurs, Antonin, pour en savoir plus sur leur start-up, et notamment sur leur dernier projet de développement d’un jeu NES avec l’artiste Zdey

Une manière habile de lier culture populaire et culture urbaine, en créant un projet pas comme les autres.


Comment est née Art’cade et cette envie de lier rétrogaming et street art ?

Art’cade est née d’un projet commun de deux amis, Kévin et moi, qui ont voulu mettre la main à la pâte pour revisiter l’objet qu’est la borne d’arcade. C’est un objet qui incarne toute une époque et la genèse du Jeu Vidéo. J’ai trouvé intéressant de revisiter cet objet en le mixant avec l’univers du street art. 

Tous les deux nés à la fin des années 80, nous avons grandi avec nos premières consoles de salon dans un environnement urbain où le graffiti et le street art étaient omniprésents. Ce sont déjà deux univers très liés à la base, beaucoup d’artistes s’inspirent du Jeu Vidéo dans leur art. La référence évidente pour moi est Invader avec ses nombreux collages de mosaïques partout dans le monde. J’admire son travail car il a vraiment réussi à transformer son art en jeu notamment grâce à son application Flash Invaders auquel je suis accro.

D’ailleurs, tous les artistes contactés pour collaborer trouvent tout de suite leur inspiration et sont ravis de pouvoir utiliser un média original comme celui-ci qui leur rappelle leur jeunesse. 

Comment l’idée du projet du jeu NES Zdey the Game a-t-elle vu le jour ?

Le projet est parti de la borne d’arcade peinte par Tim Zdey, qui est au passage le premier artiste avec qui nous avons collaboré. Nous lui avons donné carte blanche et une semaine après lui avoir déposé la borne, nous sommes allés découvrir son travail. Comme les bornes d’époques qui n’avaient qu’un jeu, Tim Zdey l’avait peinte comme si son jeu existait et était à l’intérieur. C’est à ce moment-là en échangeant autour d’un verre et en regardant son travail que nous avons eu l’idée du Jeu vidéo (été 2019). Nous avons déjà à ce moment le nom du jeu, les deux protagonistes principaux : Zdey et le policier, le nom de la première aventure : In The Train Yard. Le projet s’est ensuite déroulé sur 1 an et demi jusqu’à aujourd’hui où nous avons pu montrer notre travail et embarquer un plus large public dans notre aventure pour créer la suite du jeu. 

L’artwork du personnage de Zdey

On peut sentir une véritable envie d’enrichir le contenu, que ce soit avec le storytelling très humoristique ou encore avec les flops de différents artistes internationaux invités. Comment la création du projet s’est-elle déroulée ?

Les premiers flops à avoir été intégrés sont ceux du crew de Tim Zdey : S1TR. On peut les découvrir dans le décor tout au long du jeu. J’aime dire que ce projet est d’abord une aventure humaine. Entre les 11 artistes internationaux, les membres du Crew S1TR, notre développeur, la musique 8 bits, nous sommes une vingtaine à chacun avoir mis sa pierre à l’édifice. 

D’ailleurs c’est lors de la dernière édition du festival Label Valette que j’ai pu rencontrer la plupart des artistes invités à participer à notre jeu vidéo dont le proprio du festival à ce moment : L’Atlas.

Le challenge avec les panels des différents artistes a été de faire avec les restrictions techniques imposées par le jeu NES. L’artwork ne pouvait pas contenir plus de 4 couleurs (dont le noir), sans effet de transparence et avec un nombre de pixels limités. Il a fallu retravailler et valider avec chaque artiste le rendu final.

Pour la partie humoristique du storytelling, nous l’avons d’une séance brainstorming et Tim Zdey, nous nous sommes d’ailleurs bien amusés à l’écrire. Certains personnages sont inspirés de petites références et anecdotes amusantes.

Vous venez d’atteindre le palier des 10 000€ sur la campagne de crowdfunding, ce qui marque la co-création d’un nouveau monde dans le jeu avec les Art’players (vos contributeurs), et à 15 000€ c’est une borne d’arcade qui sera offerte au service pédiatrique de l’hôpital Robert Debré. 

Au-delà du projet initial du jeu, il y a une dimension humaine et solidaire avec le scénario collaboratif et le don d’une borne d’arcade à une unité d’enfants malades. 

C’était pour vous une condition indispensable pour lancer ce projet ?

Nous n’avions pas de pré-requis au lancement du projet. Ce sont des valeurs que nous partageons tous les trois et qui sont venus naturellement dans nos échanges au fur et à mesure que le projet se construisait. L’ensemble des projets que nous avons portés avec Kevin ont mis la dimension humaine au centre, que ce soit dans notre relation avec les artistes ou nos partenaires.

Nous sommes vraiment très contents d’avoir atteint ce premier palier qui signe la suite de l’aventure et cette fois-ci nous ne serons pas loin de 200 à en faire partie ! Il ne nous reste d’ailleurs plus que quelques jours pour atteindre le prochain palier qui nous tient tout autant à cœur : nous souhaitons faire le don d’une borne Zdey The Game pour les enfants et adolescents hospitalisés à l’hôpital Robert Debré


Vous pouvez retrouver toutes les étapes de la conception sur leur site ICI 

Pour participer à la campagne de crowdfunding sur Kiss Kiss Bank Bank c’est PAR LÀ 

La vidéo teasing :

Propos recueillis par Gabriel Le Corre