Rencontre avec Thoma Vuille, un chat bien perché

La notoriété de Monsieur Chat n’est plus à faire. Du moins, cette vérité semble absolue dans le 75. Qu’on sache comment il s’appelle ou non, ce personnage symbolique au grand sourire et au pelage jaune est devenu résident permanent de la capitale. Après avoir posé ses griffes dans la rue, il s’installe provisoirement à Molitor. Le temps d’une exposition rendant hommage aux cartoons et aux grandes figures de l’art contemporain. A découvrir jusqu’au 15 novembre.

Chat Cartoon

Accrochées à Molitor, c’est dans une toute autre ambiance qu’on découvre les oeuvres de Monsieur Chat. Conservant un trait espiègle sur ses créations, il nous amène à redécouvrir notre enfance. Bugs Bunny, Snoopy, Mickey Mouse ou encore les Trois Petits Cochons, tels sont les personnages qui partagent la toile avec le félin.  Retour sur une rencontre perchée.

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Comment en es-tu venu à produire dans la rue ?

Tout s’est fait à l’instinct. Au début c’était une passion, tu peignais parce que tu aimais peindre. J’appartiens au post-graffiti, c’est-à-dire avant qu’on ne parle de street art et qu’il y ait un marché. La rue était avant tout une zone d’expression tranquille où il y avait de la place. Plus t’étais bourrin, plus t’étais productif. Maintenant c’est différent, il y a déjà tellement de gens sur la scène que si tu n’as pas de stratégie marketing derrière tu ne réussiras pas à avancer.

 

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux jeunes artistes pour y arriver ?

Faire des études, coucher ou être issu d’une bonne famille. En réalité, les études supérieures te permettront d’aller plus loin. Normale Sup, Hypokhâgne, Harvard,… Si tu arrives à obtenir ça tu es bien dans la vie. Sinon tu fais comme tout le monde, tu vas à la fac et tu t’adaptes.

 

Est-ce que par cela tu entends qu’il est difficile aujourd’hui de vivre pleinement de son art ?

Ça dépend des moyens que tu as pour manger. La faim justifie les moyens. Il n’y a pas de conseil hormis le plaisir de s’écouter soi-même, d’être obstiné et de ne pas perdre de vue ses rêves. Chaque personne est différente, il n’y a pas de façon de faire en soi. Certains vont réussir du premier coup puis se planter ensuite et d’autres vont galérer longtemps car le public n’est pas là. Ce qui est important, c’est d’apprendre des anciens et des maîtres. En un mot, c’est de copier. Exactement l’opposé de ce qu’on te dit de ne pas faire à l’école. Dans la peinture, au contraire, copier te permet de créer un vocabulaire graphique, à l’image du sampling dans la musique. Si tu n’as qu’une seule source tu ne vas pas tenir longtemps.

 

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Qu’est-ce qui te motive aujourd’hui pour continuer de créer ?

Pour être honnête, cela dépend des porteurs de projet. Certains vont me motiver et d’autres non.

 

Y-a-t’il des artistes que tu suis ?

Plus que les suivre je les collectionne ! Ma collection privée est exposée en ce moment à Saint Quentin. Les oeuvres avec lesquelles je vis sont comme des livres ensuite. Avant de copier, j’achète.

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 La représentation du chat varie suivant les productions. Quelle est ton inspiration ?

Je change en fonction de la demande ou de mon humeur personnelle.

 

As-tu un compte précis de tous les chats posés ?

C’était le cas jusqu’à il y a une dizaine d’années mais j’ai arrêté depuis. Les gens le font maintenant sur les réseaux. Ils répertorient tes oeuvres et en créent une carte.

 

Monsieur Chat, l’artiste ou l’oeuvre ? La frontière semble mince.

C’est une signature professionnelle. Derrière le Chat il y a Thoma Vuille. Je pourrais aussi signer Thoma Vuille mais ce serait un autre travail. Ma vraie signature n’est pas encore sortie. Elle ne sortira d’ailleurs peut-être jamais. Pour l’instant le chat nourrit bien son copain.

 

D’ailleurs, as-tu un chat à la maison ?

Oui, celui de ma compagne. Je m’occupe de lui. Ce sont plutôt des enfants.

 

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Si je te demande un acrostiche pour chat, ça donne quoi ?

Communauté

Harmonieuse (des)

Artistes

Taciturnes

 

Celui-là est un peu poétique et correspond à quand j’étais étudiant. Il y a aussi la version de Marker*,

 

Confédération

Humaine (des)

Artistes

Travailleurs

 

Si tu devais choisir une version aujourd’hui ?

Je garderai les deux.

 

 

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Photo officielle de Monsieur Chat

 

 

Informations pratiques

Molitor – 13, rue Nungesser et Coli – 76016 Paris

Métro : Michel Ange Molitor (ligne 9) ou Porte d’Auteuil (ligne 10)

01 56 07 08 50

Jusqu’au 15 novembre 2017

Entrée libre

 

 

* Chris Marker, cinéaste ayant réalisé en 2004 « Chats perchés », street-movie projeté au Centre Pompidou.

 

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